Colombier en pierre en cours de restauration par des bénévoles dans un village du Périgord, Dordogne

En Dordogne, des bénévoles sauvent le colombier communal de Saint-Germain-du-Salembre

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En Dordogne, un petit village de la vallée du Salembre est en train de prouver qu’un patrimoine menacé peut renaître sans attendre les finances publiques. À Saint-Germain-du-Salembre, une cinquantaine d’habitants se relaient chaque samedi pour restaurer de leurs mains le colombier communal, un édifice du XVIe siècle privé de toiture depuis près d’un siècle. Un chantier participatif hors norme, né d’un constat simple : la commune ne pouvait pas assumer seule la facture.

Un devis trop lourd pour la commune

Le pigeonnier, aussi appelé colombier, appartenait autrefois au seigneur local avant de devenir propriété communale. Sous l’Ancien Régime, ce type de bâtiment circulaire et monumental était un privilège réservé à la noblesse, symbole de prestige et de richesse. Aujourd’hui laissé à l’abandon, sa restauration complète avait été chiffrée à 260 000 euros par un premier devis professionnel. Une somme que la petite municipalité ne pouvait tout simplement pas suivre, selon la maire du village, Sandra Paillot. Plutôt que de renoncer, les habitants ont choisi une autre voie : mettre la main à la pâte, pierre après pierre.

Un chantier porté par l’association locale

L’initiative est portée par l’association patrimoniale de la vallée du Salembre, Les Patrimoniales, née d’un projet intercommunal lancé en 2011 puis transféré aux habitants en 2013. Structurée en association loi 1901 et dirigée depuis 2023 par trois coprésidents issus des communes de Chantérac, Saint-Aquilin et Saint-Germain-du-Salembre, elle s’appuie sur un noyau de bénévoles réguliers pour organiser les travaux et fédérer les bonnes volontés.

  • Chantier bénévole chaque samedi, sur la base du volontariat
  • Environ 50 habitants mobilisés depuis le lancement des travaux de maçonnerie
  • Objectif affiché : achever la restauration d’ici 2028
  • Prochaines étapes : charpente puis levage à la grue de la toiture

Une transmission de savoir-faire entre générations

Sur le chantier, les profils se croisent et racontent à eux seuls l’esprit du projet. Parmi les bénévoles figure Gladis Ceaux, 87 ans, aux côtés de mains plus expérimentées comme celles de Philippe de Séverac, maire de la commune voisine de Jaure et lui-même compagnon du devoir. Cette rencontre entre doyens du village et savoir-faire de charpentier illustre une dimension souvent négligée de ces chantiers participatifs : la transmission d’un artisanat traditionnel que peu de formations enseignent encore. Pour accompagner la suite des travaux, l’association a également noué des partenariats avec les Compagnons du Devoir pour les plans de charpente et avec la Fondation du Patrimoine pour le conseil technique, une souscription publique étant par ailleurs annoncée pour soutenir financièrement la fin du chantier.

Au-delà du colombier, Les Patrimoniales multiplient les actions autour du petit patrimoine local : restauration de lavoirs, visites commentées d’édifices religieux ou interventions pédagogiques auprès des écoles du secteur. Une manière de rappeler qu’en zone rurale, la sauvegarde du patrimoine passe souvent moins par de gros budgets que par l’engagement collectif et les compétences d’artisanat mises au service d’un projet commun.

Un modèle qui pourrait essaimer

Ce type de mobilisation citoyenne autour d’un monument rural s’inscrit dans une tendance plus large observée en Nouvelle-Aquitaine, où plusieurs villages cherchent à valoriser leur patrimoine local sans attendre de subventions massives. Pour les habitants et les associations qui souhaitent se lancer dans une démarche comparable, quelques conseils pratiques reviennent souvent : s’entourer tôt de professionnels qualifiés, solliciter la Fondation du Patrimoine pour structurer une souscription, et surtout ne pas hésiter à répartir l’effort dans la durée, comme le montre l’échéance fixée à 2028 pour le colombier de Saint-Germain-du-Salembre.

Questions fréquentes

Pourquoi la mairie n’a-t-elle pas financé seule la restauration ?

Le devis initial s’élevait à 260 000 euros, une somme jugée trop importante pour le budget de cette petite commune de Dordogne, qui a préféré s’appuyer sur l’énergie bénévole des habitants plutôt que de renoncer au projet.

Qui organise les chantiers de restauration ?

C’est l’association patrimoniale de la vallée du Salembre, Les Patrimoniales, qui coordonne les bénévoles, les rendez-vous du samedi et les partenariats techniques avec les Compagnons du Devoir et la Fondation du Patrimoine.

Quand le chantier doit-il s’achever ?

L’association vise une fin des travaux à l’horizon 2028, après l’étape actuelle de maçonnerie puis les travaux de charpente et le levage de la toiture à la grue.

Sources

ICI Nouvelle-Aquitaine (France 3 Régions)
Bien en Périgord
Site officiel de Saint-Germain-du-Salembre

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale